Une étude publiée dans Radiology montre les avantages de la reconstruction des données de la tomosynthèse, pour obtenir une mammographie 2D de dépistage du cancer du sein. Les critères cliniques sont en partie améliorés et la dose de rayonnement administrée est, de fait, réduite.
Une nouvelle technique numérique de tomosynthèse du sein a le potentiel de réduire le taux de rappel les femmes pour des examens supplémentaires, sans sacrifier la détection du cancer, selon une nouvelle étude publiée en ligne dans la revue Radiology.
La tomosynthèse approuvée en complément de la mammographie
En 2011, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé la tomosynthèse numérique du sein pour une utilisation complémentaire à la mammographie numérique classique. La tomosynthèse, qui permet d’obtenir des images en coupes fines de tissu mammaire, a montré des qualités pour améliorer la détection du cancer et réduire les indications d’examens supplémentaires. Cependant, la combinaison des deux méthodes nécessite une seconde exposition aux radiations du sein, tout en augmentant légèrement le temps de compression.
Obtenir une image de mammographie à partir de la tomosynthèse
Les chercheurs du Care Health System’s Helen F. Graham Cancer Center & Research Institute in Newark, Delaware, ont exploré une approche innovante dans laquelle les images de tomosynthèse sont utilisées pour créer une image synthétisée en 2-D (s2D). Cette méthode rend potentiellement la mammographie complémentaire inutile. «L'adoption de la mammographie s2D combinée à la tomosynthèse, dans les programmes de dépistage, limiterait l'exposition aux radiations chez les patientes et, sur la base de nos résultats, pourrait en améliorer la performance clinique», a déclaré le Dr Jacqueline S. Holt, qui exerce dans ce centre de recherche.
Une étude à grande échelle pour évaluer la tomosynthèse-s2D
Le Dr Holt et ses collègues ont entrepris de comparer la performance clinique de la tomosynthèse s2D à la mammographie couplée à celle-ci ou à la mammographie seule. Dans le cadre d'un programme d'oncologie communautaire dédié à l'imagerie mammaire, les chercheurs ont pu étudier 78 810 mammographies de dépistage effectuées de 2011 à 2016. Dans le groupe d'étude, 32 076 femmes ont subi une mammographie classique, 30 561 le duo mammographie-tomosynthèse et 16173 femmes la tomosynthèse-s2D. La performance a été évaluée en regardant le taux de rappel, le taux de détection du cancer et la valeur prédictive positive (VPP).
Moins de faux positifs et valeur prédictive supérieure
Les résultats ont été révélateurs. Le taux de rappel après tomosynthèse-s2D était de seulement 4,3%, contre 5,8% pour le duo mammographie-tomosynthèse. Les taux globaux de détection du cancer étaient similaires, mais la tomosynthèse-s2D a détecté 76,5% des cancers invasifs, et 3,6% de faux positifs contre respectivement 61,3% et 5,2% pour le duo mammographie-tomosynthèse. Et la valeur prédictive positive de la biopsie pour la tomosynthèse-s2D était de 40,8%, contre 28,5% pour l’autre technique. Le Dr Holt considère ces résultats à la fois encourageants et surprenants, notamment car le tomosynthèse-s2D favorise la valeur prédictive de cette exploration. "Ces résultats pourraient changer les pratiques à l'échelle mondiale », a-t-elle précisé.
Réduction des doses de rayonnement X ainsi que des coûts associés au dépistage
Les résultats de l'étude suggèrent également que l'adoption de la tomosynthèse-s2D dans les programmes de dépistage permettrait de réduire le nombre de résultats faussement positifs, un critère de taille à l’heure de la médecine fondée sur les valeurs. «La réduction des coûts en aval, lorsque les femmes n'ont pas besoin d'être rappelées pour des images supplémentaires, équivaut à des millions de dollars de soins de santé économisés», poursuit le Dr Holt. Elle conçoit toutefois que les radiologues puissent être méfiants vis à vis de cette technique. Son conseil pour les cliniciens est de l’adopter progressivement de suivre l’évolution de leurs pratiques au cours d'une première période d'essai où ils utiliseraient la tomosynthèse-s2D en parallèle avec le duo mammographie-tomosynthèse.
"Une grande partie de la controverse entourant la mammographie de dépistage concerner les résultats faussement positifs, conclut le Dr Holt. Avec cette méthode, nous abordons cette question en optimisant les soins aux patients et en ajoutant de la valeur».


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