Les masses surrénaliennes peuvent être identifiées lors d’un examen de routine de scanner double énergie. C’est ce qu’avancent des chercheurs dans un article publié dans l’American Journal of Roentgenology qui mettent en lumière les économies possibles en termes d’exposition et de produit de contraste liées aux examens de suivi dans cxe contexte.
La tomodensitométrie à double énergie (DECT) a été utilisée pour aider à évaluer les découvertes abdominales fortuites dans plusieurs organes en caractérisant les tissus en fonction de leur atténuation différentielle en fonction de l'énergie des rayons X.
Les multiples mesures permises par l’utilisation du scanner double énergie
Certaines substances telles que l'iode et le calcium présentent une atténuation plus élevée à faible énergie des rayons X, tandis que d'autres, telles que la graisse, présentent une atténuation plus faible à faible énergie des rayons X, alors que l'eau ou les tissus mous présentent une atténuation similaire quelle que soit l'énergie des rayons X. Dans ce cadre l’exploration des masses surrénaliennes en utilisant une seule phase post-contraste peut être complétée par un examen DECT qui permet d’obtenir une atténuation virtuelle sans contraste (VNC), une densité d'iode ainsi qu’un rapport densité d'iode/VNC pour caractériser les masses surrénaliennes.
Le DECT est également capable de réaliser une fraction de graisse tissulaire. Des travaux antérieurs ont déjà été réalisés pour caractériser les masses surrénaliennes à l'aide de paires de base de densité de matériaux, tels que iode/graisse. Le but de ce travail était de comparer les performances diagnostiques des mesures dérivées de la phase DECT veineuse, notamment la VNC, la fraction de graisse, la densité d'iode et le rapport iode/VNC pour caractériser les masses surrénaliennes.
Une étude identifie les masses surrénaliennes à partir d’une exploration par DECT
Dans un article publié récemment dans l'American Journal of Roentgenology (AJR), une équipe américaine pilotée par le Dr Anne-Sophie T. Loonis, du Brigham and Women's Hospital de Boston (Massachusetts – USA), a étudié, pour les lésions surrénaliennes évaluées par TDM monophasique à double énergie (DECT), la sensibilité de la fraction de graisse par rapport à l'atténuation virtuelle sans contraste aux deux seuil cliniquement optimaux et au seuil traditionnel ≤10 HU.
« Les algorithmes de décomposition en trois matériaux basés sur le DECT peuvent aider à caractériser définitivement les lésions surrénales détectées sur l'imagerie abdominale de routine comme les adénomes, réduisant ainsi les examens de suivi en aval », remarque le Dr Loonis. Dans cette étude, 128 patients (82 femmes, 46 hommes ; âge moyen : 64 ans) ayant subi un scanner abdomino-pelvien en phase portale entre janvier 2016 et décembre 2019 présentaient un total de 139 lésions surrénales avec un diagnostic de référence basé sur l'imagerie, les dossiers cliniques et anatomopath : 87 adénomes, 52 non-adénomes (48 métastases, 2 carcinomes corticosurrénaliens, 1 ganglio-neurome, 1 hématome).
Un processus diagnostic qui permettrait de réduire les coûts liés aux examens d’aval
Deux radiologues ont localisé les régions d’intérêt pour déterminer l'atténuation virtuelle sans contraste, la fraction de graisse, la densité d'iode normalisée par rapport à la veine porte et le rapport d'amélioration relative - pour les masses avec une atténuation virtuelle sans contraste supérieures à 10 HU. Les résultats ont montré que, pour les masses surrénales évaluées par DECT en phase portale-veineuse monophasée, en maintenant une spécificité dà100 %, la sensibilité pour l'adénome était significativement plus élevée en utilisant la fraction de graisse (59 %) qu’à partir de l'atténuation virtuelle sans contraste au seuil cliniquement optimal (39 %) ou au seuil traditionnel ≤ 10 HU [28 %).
« L'utilisation de mesures dérivées du DECT pour diagnostiquer définitivement les lésions surrénaliennes au cours d’un examen de routine en tant qu'adénomes pourrait aider à éviter les coûts, l'exposition aux rayonnements, l'exposition aux produits de contraste et l'anxiété des patients associés aux contrôles d’aval », concluent les chercheurs.


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