Le traitement de la maladie coronarienne non obstructive par l'aspirine, par opposition à l'utilisation de statines, ne réduit pas les risques cardiovasculaires majeurs. C’est ce que rapporte une une nouvelle étude canadienne publiée dans la revue Radiology: Cardiothoracic Imaging. L’aspirine est toutefois toujours recommandée dans des cas de sténoses plus sévères.
La maladie coronarienne survient lorsqu'il y a une accumulation de plaque d’athérome dans les artères coronaires et expose les personnes à un risque élevé d’infarctus du myocarde et de décès.
Des doutes sur l’efficacité de l’aspirine pour traiter une maladie coronarienne non obstructive
La coronaropathie non obstructive, identifiée par le coroscanner (CCTA), survient lorsqu'il y a moins de 50 % de sténose ou de rétrécissement des artères coronaires en raison de l'accumulation de plaque. Les statines sont couramment prescrites aux patients coronariens car elles réduisent la production de cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL) et stabilisent la plaque et réduisant le risque de rupture. L'aspirine est aussi recommandée mais son efficacité pour réduire les événements cardiovasculaires majeurs chez ces patients a été peu étudiée.
« Bien que de nature observationnelle, nos données remettent en question la valeur d'un traitement par l'aspirine après le diagnostic d'une maladie coronarienne non obstructive sur un CCTA », précise l'auteur d’une étude sur le sujet publiée dans la Revue Radiology, le Pr, Jonathan Leipsic, Chef du Département de radiologie à l’University of British Columbia de Vancouver (Canada).
Une étude comparant l’impact des statines et de l’aspirine sur ce syndrome
Pour cette étude, les chercheurs ont utilisé les données du registre CONFIRM (COronary CT Angiography EvaluatioN For Clinical Outcomes: An InteRnational Multicenter), une grande base de données multinationale de patients ayant fait l’objet d’un CCTA. Un total de 6 386 patients (âge moyen 56,0 ans, 52 % d'hommes) qui n'avaient pas de plaque coronarienne détectable ou qui présentaient une coronaropathie non obstructive ont été sélectionnés. Les patients atteints de maladie coronarienne obstructive qui présentaient une sténose de 50 % ou plus ont été exclus. La période de suivi moyenne pour les patients sélectionnés était de 5,7 ans.
Au total, 3 571 (56 %) des patients inclus dans l'étude n'avaient pas de plaque et 2 815 (44 %) avaient une coronaropathie non obstructive. La maladie coronarienne non obstructive était associée à un risque de 10,6 % de mortalité toutes causes confondues, contre 4,8 % chez les patients sans plaque. L'utilisation initiale d'aspirine et de statine a été documentée pour les deux groupes. Chez les personnes atteintes d'une maladie coronarienne non obstructive, le traitement par l'aspirine n'a pas été associé à une réduction des événements cardiovasculaires indésirables majeurs.
L’aspirine toujours recommandée pour les cas de sténoses plus sévères
Alternativement, l'utilisation de statines était associée à une réduction significative des événements cardiovasculaires, à type d’infarctus du myocarde ou décès. « Nos résultats s'appuient sur des analyses antérieures du registre CONFIRM à 2,3 ans de suivi qui ont remis en question l'utilité de l'aspirine dans le cadre de l'athérosclérose diagnostiquée par le CCTA », poursuit le Dr Leipsic. Ni l'aspirine ni le traitement par statine n'ont amélioré les résultats cliniques pour les patients sans plaque détectable. Mais la thérapie à l'aspirine peut toujours être bénéfique dans les cas de plaque à haut risque ou de charge de plaque élevée, d’après le Dr Leipsic.
« En fin de compte, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si, et à quel seuil, les cliniciens devraient envisager de prescrire de l'aspirine aux patients lors de l'identification d'une maladie coronarienne non obstructive sur le coroscanner », conclut-il.


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