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La scanographie élargit son champ d'applications

05/02/2014
De Bruno Benque

  La pratique scanographique étend sensiblement son champ d'applications, sous l'effet du progrès technologique et de l'imagination des utilisateurs ainsi que des industriels. A l'occasion du Symposium Scanner Volumique, qui s'est déroulé les 28 et 29 janvier 2014, Le Pr Alain Blum, organisateur de l'événement, et tous les orateurs nous ont permis d'évaluer l'état de l'art pour cette discipline, à travers les avancées impliquant tant l'acquisition, la détection, que la reconstruction des images, ainsi que la nécessaire réduction des doses.   

 

La scanographie permet aujourd'hui d'adapter les protocoles d'acquisition, de détection, ou de reconstruction aux caractéristiques morphologiques et fonctionnelles des organes à explorer. Au travers de différentes présentations réalisées lors du dernier Symposium Scanner Volumique, nous avons pu apprécier les nouvelles applications engendrées par le progrès technologique pour cette discipline.

Des progrès dans l'acquisition, la détection et la reconstruction

Il a été tout d'abord question des niveaux d'énergie émis par les rayons X, leur spectre d’absorption dépendant du numéro atomique de la matière traversée. Pour le Pr Alain Lucciani, du CHU H.Mondor de Créteil, utiliser une modalité en double énergie permet d'optimiser l'effet photo-électrique produit par les deux tubes sur la matière et de s'affranchir des contraintes liées aux différents niveaux d'atténuation. On peut aujourd'hui réaliser classiquement une acquisition simple à une source; deux passages utilisant une seule source, à énergies différentes, pour des examens avant / après injection par exemple; ou faire fonctionner les deux sources simultanément afin de profiter des deux gammes d'énergie. A l'étape de la détection, il est possible désormais de disposer de deux ensembles de détecteurs orthogonaux pour les configurations à deux tubes, d'un dispositif à double couche de détecteurs pour un seul tube, ainsi que d'un nombre de barrettes important élargissant le pitch jusqu'à 16 cm. Les possibilités de reconstructions ont été aussi largement évoquées, qu'elles soient itératives ou qu'elles favorisent la résolution temporelle, l'analyse spectrale ou les soustractions.

Le scanner étend son champ d'applications

Du coup, il existe de nombreuses possibilités d'applications. Ainsi, l'acquisition en double énergie simultanée permet tout d'abord de réaliser deux représentations d'une même zone anatomique en s'affranchissant du risque de mouvements du patients. Le Dr PedroTexeira, du CHU de Nancy, a décrit les analyses spectrales utilisées pour isoler les structures osseuses afin d'en apprécier la structure histologique et le Pr Blum, quant à lui, a montré comment, grâce à l'interpolation des raw-data (SEMAR), on pouvait s'affranchir des artefacts métalliques. Les configurations à détection large permettent de réaliser des études de perfusion, notamment pour la vascularisation crânienne, et de faire des acquisitions "step and shoot" sans hélice. Elles rendent également possibles les explorations dynamiques des articulations sous scanner, comme l'a montré le Pr Blum. Enfin, du coté du post-traitement, les classiques procédures de soustraction pour isoler le réseau vasculaire n'ont pas encore trouvé d'équivalent, même si des protocoles moins irradiants émergent pour la concurrencer.

Le leitmotiv de la réduction des doses

Cette liste d'applications n'est évidemment pas exhaustive, et le symposium en a décrit bien d'autres. Mais le thème récurrent évoqué dans toutes les présentations, a été la réduction des doses reçues par les patients. On a pu constater que la double énergie, les reconstructions itératives, les protocoles "step ans shoot, et les acquisitions low-dose bien sûr, permettent tous de réduire significativement l'irradiation. Les technologies modernes ainsi que les logiciels de suivi et d'analyse de dosimétrie ont permis de réaliser d'énormes progrès sur ce dossier. Mais, comme l'a annoncé le Dr Zins, le management du risque ionisant ne peut pas se passer de l'implication de tous les acteurs de la radiologie, ni de la participation des directions d'établissements.

 

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