
Les Assises de la Médecine nucléaire a fait l’objet d’une forte affluence ce 2 Juillet au ministère. Cet événement était consacré à la RIV, pour laquelle des prévisions de forte croissance sont annoncées à moyen terme. Une proposition de Loi va être déposée pour promouvoir la médecine nucléaire thérapeutique et un projet d’innovation organisationnelle de type Article 51 est en marche.
La Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités accueillait, ce 2 Juillet 2026, les Assises de la Médecine nucléaire, organisées par le Collectif pour un accès équitable à la médecine nucléaire théranostique.
Une forte affluence pour les Assises de la médecine nucléaire
L’objectif de cette journée était de faire le point sur les pratiques françaises en matière de Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV) et d’aboutir, à moyen terme, à la constitution d’un authentique Plan de médecine nucléaire thérapeutique. Environ 200 personnes ont répondu à cet appel, représentant l’ensemble des composantes de la spécialité, médecins nucléaires, radio pharmaciens, physiciens médicaux et MERM, auxquels sont venus s’ajouter des industriels et institutionnels.
Cette affluence a été symbolique de l’engouement que suscite la RIV dans cette communauté depuis la réforme dont la médecine nucléaire a fait l’objet en 2027, période au cours de laquelle elle a obtenu l’autorisation d’accéder à la mention B, la faisant passer ainsi d’une habilitation de détention de gamma cameras à une autorisation de soins. Le Pr Florent Cachin, Président du Conseil National Professionnel (CNP) de Médecine nucléaire a rappelé, à ce titre, que la spécialité avait alors connu un changement majeur en termes de reconnaissance, mais pas seulement.
Des prévisions de forte croissance de la RIV à moyen terme
La RIV recrute en effet un nombre
toujours plus important de patients, notamment pour le traitement du cancer
métastatique de la prostate résistant à la castration par 177Lu-PSMA, avec des
prévisions faisant état de 50 000 traitements par an à l’horizon 2030, pour des
traitements qui interviennent de plus en plus tôt dans le parcours de soins. Et
tous les orateurs de la journée s’accordaient pour dire que ce succès
deviendrait difficile à gérer si l’ensemble de la communauté ne se mettait pas
en ordre de marche dès maintenant.
Le député Michel Lauzzana, Président du Groupe d’études Cancer à l’Assemblée nationale, appelait de ses vœux des Lois de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pluriannuelles afin d’engager des projets de long terme, quand le Dr Georges-Philippe Fontaine, Président du Syndicat National de Médecine Nucléaire (SNMN), proposait l’engagement du secteur privé à participer à cet élan, promettant une mise à niveau des structures libérales pour accéder à la fameuse Mention B, indispensable pour exercer cette activité.
Une proposition de Loi pour promouvoir la médecine nucléaire thérapeutique
Mais deux annonces ont retenu l’attention des participants à cette journée. La première a été faite par le Sénateur Khalifé, qui a déposé une proposition de Loi « visant à accélérer le développement de la médecine nucléaire thérapeutique en oncologie » que l’Assemblée nationale étudiera en Octobre 2026 et pour lequel il fonde beaucoup d’espoirs.
Ce texte synthétise les axes de progression que la spécialité doit suivre dans ce cadre, à savoir l’élaboration, par le Gouvernement, d’un plan « médecine nucléaire thérapeutique » de 5 ans et financé pour accompagner le développement de cette spécialité, la création d’un parcours de soins pour les patients bénéficiant de la RIV accompagné d’une rémunération forfaitaire spécifique, la mise en place d’un exercice en pratique avancée pour les MERM en médecine nucléaire thérapeutique ou la création d’un diplôme de docteur en physique médicale notamment, le tout bénéficiant de l’engagement financier de l’État.
Un projet d’innovation organisationnelle de type Article 51
La seconde annonce a été faite par Catherine Martre, Directrice Générale de France Biotech, sur le thème de nouvelles organisations des parcours de soins de RIV sur le modèle des innovations de type Article 51. À partir du Rapport élaboré par cette institutionen 2025, il y est question d’une forte modification des organisations et d’une évolution des compétences des acteurs de la spécialité pour répondre à l’émergence de la RIV, notamment par la mise en place de financements expérimentaux afin, notamment, de mieux valoriser les activités de théranostique au travers d’un financement au forfait, de donner davantage de visibilité aux établissements sur la pérennité des financements alloués à la RIV, de mieux dimensionner les besoins en ressources humaines au sein des services ou de faire monter en compétences les MERM et les physiciens médicaux notament.
On l'aura compris, la RIV est considérée aujourd’hui comme une révolution et donne naissance, comme l’a rappelé le Pr Cachin en conclusion, à une nouvelle oncologie médicale. Elle a besoin aujourd’hui d’être accompagnée en termes de structuration des soins, de parcours intégrés, de ressources humaines augmentées en nombre et en compétences, de solutions innovantes de financement et d’une qualité de prise en soins irréprochable, sans compter la poursuite de son engagement dans la recherche clinique et l’optimisation de la dosimétrie des patients. Tout un programme...

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