Rapport ASN 2015: le secteur médical peut mieux faire

01/06/2016
De Bruno Benque avec l'ASN

Le secteur médical progresse dans sa prise en compte des risques liés aux rayonnements ionisants. Mais des efforts restent à faire dans toutes les spécialités, notamment en scanographie et en radiologie interventionnelle.

Dans son bilan d’activité 2015 paru le 25 mai 2016, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qualifie l’année 2015 de globalement satisfaisante, dans un contexte préoccupant à court et moyen termes.

Un nombre d’événements significatifs en baisse

La sûreté d’exploitation des installations nucléaires s’est en particulier maintenue à un bon niveau, la radioprotection méritant néanmoins une vigilance particulière, notamment dans le domaine médical qui a connu une dizaine d’incidents de niveau 2 en 2015. Mais, selon l’Autorité, « ce jugement positif pour 2015 mérite d’être nuancé, car il s’inscrit dans un contexte préoccupant, porteur d’inquiétude pour l’avenir ». Après une augmentation progressive sur la période 2007 à 2014, le nombre d’ESR déclarés à l’ASN connaît en 2015 un léger fléchissement, avec 525 ESR : 220 ont concerné la radiothérapie ou la curiethérapie, 123 la médecine nucléaire, 100 la scanographie et 22 la radiologie interventionnelle. Ils concernent à 64 % les patients, 6 % des ESR concernant les travailleurs, majoritairement en médecine nucléaire. 

Des risques maîtrisés en radiothérapie et médecine nucléaire

La gestion des risques fait désormais partie des démarches des services de radiothérapie, avec la mise en place de recueil des dysfonctionnements et de leur analyse. Mais des efforts restent à faire pour le suivi des actions d’amélioration. Pour améliorer l’accompagnement des unités de radiothérapie, réduire la complexité des études de risques et en améliorer le caractère opérationnel, l’ASN a émis des recommandations en 2015. En médecine nucléaire, la radioprotection des travailleurs, des patients et la protection de l’environnement est prise en compte de façon de plus en plus satisfaisante. En particulier, les évaluations de risque et le suivi dosimétrique du personnel sont maintenant bien maîtrisés. Le recours à une personne spécialisée en radiophysique médicale est généralisé et des plans d’organisation de la physique médicale ont été élaborés. La gestion des déchets et effluents s’appuie sur des plans de gestion. Néanmoins, des efforts sont à fournir pour la réalisation des études de postes, la formation, la réalisation des contrôles techniques ou l’exploitation des données dosimétriques à des fins d’optimisation.

Des améliorations des pratiques nécessaires en scanographie

En mai 2015, l’ASN a dressé un bilan mitigé des actions pour la maîtrise des doses de rayonnements ionisants délivrés aux patients en radiologie conventionnelle et scanographie, avec le développement de bonnes pratiques mais des insuffisances en termes de ressources humaines. En 2015, l’ASN a aussi publié des recommandations sur les niveaux de référence diagnostics en imagerie médicale. Il ressort, par ailleurs, des inspections de l’ASN, que des améliorations sont nécessaires avec, en particulier, le renforcement de l’analyse préalable des demandes d’examens, de la formation à la radioprotection des patients, de l’optimisation des protocoles d’examen livrés avec le scanner, de l’analyse des données dosimétriques et de l’évaluation des pratiques professionnelles.

La radiologie interventionnelle toujours sous haute surveillance

Pour la radiologie interventionnelle enfin, L’ASN estime que les mesures urgentes qu’elle préconise depuis plusieurs années ne sont toujours pas prises pour améliorer la radioprotection des patients et des professionnels pour l’exercice des pratiques interventionnelles, notamment dans les blocs opératoires. Ces mesures portent sur le renfort des effectifs en radiophysiciens, encore insuffisant, la formation des utilisateurs, l’assurance qualité, la mise en place d’audit des pratiques professionnelles, l’augmentation des moyens alloués aux PCR, la formation des professionnels à la radioprotection des patients et la publication de guides de bonnes pratiques par les sociétés savantes.

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