Dans les protocoles de dépistage des métastases osseuses des cancers solides, l’IRM corps entier avec des séquences T1 et STIR sont recommandées dans les guidelines. Mais les temps d’acquisition importants que ce protocole entraîne ont engagé une équipe belge à étudier les apports de la séquence T2 Dixon dans ce contexte. Ils ont publié leur travail dans la Revue European Radiology.
L’IRM corps entier est désormais recommandée dans les directives cliniques pour la détection et le suivi des lésions squelettiques chez les patients atteints de métastases de cancers solides et de myélome multiple (MM). Les examens standard associent des séquences anatomiques T1 et STIR, ainsi que des séquences d’IRM fonctionnelle de diffusion (DWI).
Des temps d’acquisition problématiques pour le dépistage des métastases osseuses par IRM corps entier
La séquence T1 est la référence pour la détection et la caractérisation des lésions médullaires, tandis que le STIR augmente la sensibilité pour la détection des lésions. Les séquences DWI ajoutent, quant à elles, une valeur diagnostique aux séquences anatomiques grâce à un contraste élevé et elles étendent le dépistage du cancer aux ganglions lymphatiques ainsi qu’aux organes extra squelettiques. Les temps d’acquisition corps entier représentent ici le seul inconvénient.
Des chercheurs belges ont initié une étude, publiée dans la Revue European Radiology, pour évaluer, dans ce cadre, les apports de la technique de Dixon, qui repose sur le déplacement chimique entre les protons de l'eau et de la graisse et décompose le signal de ces deux composants dans le même voxel. Une séquence Dixon génère quatre types d'images : en phase (IP) (équivalent aux images anatomiques sans suppression de graisse), hors phase (OP), images d'eau (équivalentes aux images avec suppression de graisse) et images de graisse (équivalent à une suppression d'eau).
La séquence T2 Dixon, une alternative au tandem T1 + STIR ?
Une seule séquence T2 Dixon combine des informations de type STIR grâce aux images d'eau et des informations de type T1 grâce aux images de graisse. La performance diagnostique de la séquence T2 Dixon pour la détection des lésions métastatiques et MM et sa capacité à remplacer les séquences T1+STIR ont d’ailleurs été démontrées dans les examens d’IRM du rachis. Au cours de ce travail, le Pr Frédéric Lecouvet, du Département de radiologie des Cliniques Universitaires St-Luc de Bruxelles (Belgique), et son équipe ont émis l'hypothèse qu'un protocole corps entier plus rapide utilisant une seule séquence T2 Dixon peut être utilisé sans perte de précision diagnostique pour détecter les lésions néoplasiques de la moelle osseuse.
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Un travail de recherche sur 72 patients atteints de cancers solides à risque de métastases
Cette étude compare la répétabilité et la reproductibilité, la qualité de l'image - rapport signal sur bruit (SNR), rapport contraste sur bruit (CNR), rapport contraste sur référence (CRR) - et la précision diagnostique des reconstructions combinées graisse + eau d'une seule séquence T2 Dixon avec celles des séquences combinées T1 + STIR.
Entre janvier 2019 et janvier 2020, soixante-douze patients consécutifs (55 hommes, 17 femmes, âge médian = 66 ans) atteints de cancers solides (prostate, sein, neuroendocrinien) à haut risque de métastases ou de MM avéré ont subi prospectivement une Examen d’IRM corps entier comprenant des séquences d'imagerie coronale T1, STIR, T2 Dixon et axiale en diffusion. Deux radiologues ont évalué indépendamment la combinaison des séquences T1+STIR et les reconstructions graisse+eau à partir de la séquence T2 Dixon. La norme de référence a été établie par lecture consensuelle de l’IRM corps entier et d'imagerie simultanée disponibles au départ et à 6 mois.
Des résultats probants et un gain de temps significatif pour la séquence T2 Dixon
La répétabilité et la reproductibilité ont été jugées comme bonnes quels que soient la région et le protocole et le CRR est apparu plus élevé sur la graisse T2 Dixon par rapport à T1 et sur l'eau T2 Dixon par rapport à STIR. Dans l'analyse par patient, la finesse du T2 Dixon graisse + eau était supérieur à celle du T1+STIR pour le lecteur senior et inférieur pour le lecteur junior. Les chercheurs ont donc conclu que la seule séquence T2 Dixon avec des reconstructions graisse + eau offre une reproductibilité et une précision diagnostique similaires à la combinaison recommandée habituellement de séquences T1 + STIR et peut être utilisée pour le dépistage squelettique en oncologie, permettant un gain de temps significatif.


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