Le Pr Afshin Gangi, Professeur de Radiologie Interventionnelle, passe une partie de son temps au King’s College de Londres. Cela ne l’empêche pas de piloter cette activité au CHRU de Strasbourg où il est chef de Service. À quelques semaines du Symposium MDCT 2020, nous l’avons rencontré pour une évocation passionnée de cette spécialité, ses atouts, ses besoins et son évolution à moyen terme.
Thema Radiologie : En tant que Professeur de Radiologie Interventionnelle (RI) et chef de Service, comment avez-vous organisé cette activité au CHRU de Strasbourg ?
Pr Afshin Gangi : Au CHRU de Strasbourg nous disposons de six blocs opératoires interventionnels, dont trois salles d’angiographie, deux salles de Caméra angiographie et une salle d’IRM interventionnelle. L’essentiel de l’activité couvre l’oncologie mais nous intervenons sur toutes les pratiques interventionnelles. L’équipe médicale est composée de onze radiologues interventionnels seniors avec un système de garde 24/7. Trois salles sont localisées au bloc opératoire et les trois autres dans un bloc interventionnel ISO 6.
"La Radiologie Interventionnelle a trois goulots d’étranglement : l’anesthésie, les lits d’aval et les effectifs de manipulateurs"
T.R.: Vous préconisez donc des activités de RI réalisées le plus souvent au bloc opératoire ?
Pr A.G. : Tout à fait. Il existe un débat animé par certains qui voient l’activité leur échapper lorsqu’elle est réalisée ailleurs que dans un service d’imagerie. Je pense au contraire que nous devons offrir la possibilité au patient de recourir à une chirurgie classique dans les cas où la RI ne pourrait pas suffire pour un traitement donné. D’autre part, la RI au bloc opératoire permet d’avoir accès rapidement à un environnement spécifique, notamment aux anesthésistes. Dans notre spécialité, il y a en fait trois goulots d’étranglement susceptibles de poser des problèmes. Les anesthésistes, donc, sans lesquels aucune procédure lourde n’est envisageable. L’accès à des lits d’aval dédiés à la RI ensuite, en hospitalisation de jour ou conventionnelle : à Strasbourg, deux infirmières et deux secrétaires passent leur temps à trouver des lits pour les patients de RI afin de ne pas rallonger les délais d’attente.
T.R.: Rencontrez-vous des problèmes de continuité de service liés aux ressources humaines dans votre établissement ?
Pr A.G. : C’est en effet le troisième goulot d’étranglement. Il nous manque déjà trois praticiens pour que les gardes de vasculaire puissent se dérouler de manière optimale et sereine. Mais le point noir concerne les manipulateurs, puisqu’il en manque dix chez nous, au bas mot. Nous n’arrivons pas à remplacer les absences car il n’y a pas de professionnels qualifiés sur le marché. Il y a un vrai problème de reconnaissance et de revalorisation de ces manipulateurs hautement qualifiés. Du coup, pour assurer les programmes, nous devons élargir les plages horaires les jours où nous avons assez de manipulateurs et d’anesthésistes, ce qui nous oblige à fermer plus tôt les autres jours. Sans compter que les gardes de vasculaires sont occupées quasiment tous les soirs, ce qui pose des contraintes en termes de repos des personnels. Heureusement, nous avons la chance de disposer d’un matériel des plus sophistiqués d’Europe, avec une institution qui soutient l’innovation. Les deux salles KTCT notament sont multimodales, équipées d’une installation d’angiographie couplée à un scanner et un échographe.
La Radiologie Interventionnelle complexe doit être réalisée par des praticiens impliqués à 100%
T.R.: Vous interviendrez lors du prochain Symposium MDCT 2020 sur ce thème. Quelle est votre position sur la radiologie interventionnelle d'aujourd’hui et de demain ?
Pr A.G. : Je dirais tout d’abord qu’il s’agit d’une spécialité à part entière. Cela implique, si on veut faire du travail de haut niveau, de la pratiquer à 100%, d’adopter les mêmes normes et contraintes que les chirurgiens, lorsque l’on s'attaque notamment à des actes thérapeutiques pointus. Et cela vaut également pour les manipulateurs. Il est regrettable que, quelquefois, ce soient les mêmes qui, un jour font des radios au lit et le lendemain des procédures interventionnelles complexes. Mais là encore nous nous confrontons à la réalité du marché du travail et ce n’est pas toujours possible de les spécialiser. Nous devons rapidement trouver des solutions à cette problématique pour pérenniser cette activité au niveau national.
T.R.: Quelles seront les prochaines évolutions de la RI en France ?
Pr A.G. : Elles seront de plusieurs ordres, avec, en premier lieu, une montée en compétences des jeunes praticiens suite à la réforme de l’internat, avec à terme, 40% des radiologues qui pratiqueront la RI. C’est une très bonne chose car cette spécialité est très mal connue, alors qu’elle est vraiment très enrichissante pour les radiologues, par sa proximité avec les patients, et l’étendue des pathologies qu’elle traite. Les évolutions concernent également, évidemment, les progrès technologiques qui permettent aujourd’hui de disposer de la réalité augmentée dans les salles de RI, de la robotique pour diriger les guides et les sondes plus précisément ou dans zones très confinées, ou de l’intelligence artificielle pour évaluer le volume d’une tumeur ou proposer un trajet d’accès à une zone à traiter.
Nous avons une chance inouïe de pouvoir pratiquer cette spécialité qui bouge tous les jours. J’espère que nous allons pouvoir la pérenniser en ajustant mieux les effectifs.


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