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Détection du mensonge : l'IRMf mieux que la polygraphie ?

14/11/2016
De Bruno Benque

La neuro imagerie, et plus particulièrement l’IRM fonctionnelle, pourrait venir en soutien de la psychophysiologie dans certains cas. C’est ce qui ressort d’une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychatry sur l’identification d’une fausse information donnée par un sujet.

Une étude parue dans le Journal of Clinical Psychatry se propose de trouver des manières de détecter lorsqu’un sujet émet une information volontairement fausse.

La polygraphie comme unique méthode de détection dans la pratique clinique

La tromperie intentionnelle est un acte commun qui a souvent des implications sociales, juridiques et cliniques préjudiciables. Au cours de la dernière décennie, les modèles d'activation cérébrale associés au mensonge ont été cartographiés avec l'imagerie par IRM fonctionnelle (IRMf), ce qui a considérablement élargi la compréhension théorique des scientifiques sur ce phénomène. Cependant, en dépit des critiques substantielles, la polygraphie reste la seule méthode biologique de sa détection en usage pratique aujourd'hui. 

Une étude pour évaluer la pertinence de l’utilisation de l’IRM fonctionnelle pour détecter les mensonges

Le Pr Daniel D. Langleben, de l’University of Pensilvania à Philadelphie, a mené une étude aveugle, prospective et contrôlée sur des sujets afin de comparer la précision de l'IRMf par rapport à la polygraphie dans la détection de l'information dissimulée. Les données ont été recueillies entre juillet 2008 et août 2009. Les 28 participants à l’étude ont écrit secrètement un nombre entre 3 et 8 sur une feuille de papier et ont été interrogés sur ce qu’ils avaient écrit lors de séances consécutives d'IRMf et de polygraphie. Le paradigme du test d'information caché (CIT) a été utilisé pour identifier les réponses fausses au sujet du nombre caché. Les données issues des images fMRI et des polygraphes à 5 canaux de chaque participant ont été évaluées indépendamment par 3 spécialistes en IRMf et 3 experts en polygraphie, qui ont  déterminé de façon indépendante le nombre que le participant a noté et a dissimulé.

Le neuro imagerie pourrait venir en soutien de la psychophysiologie

En utilisant une régression logistique, les chercheurs ont constaté que les experts en fMRI étaient 24% plus susceptibles de détecter le nombre caché que les experts de la polygraphie. Incidemment, lorsque 2 des 3 évaluateurs de chaque modalité convenaient d'un nombre, soit 17 cas sur 28, la précision combinée était de 100%. Ces résultats sont en faveur d’une évaluation plus poussée de l'IRMf comme alternative potentielle à la polygraphie. Le Pr Langleben conclut que l’utilisation séquentielle ou concomitante de la psychophysiologie et de la neuro imagerie dans la détection des mensonges mérite également que l’on s’y intéresse de plus près.

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