
Alors que la SFR avait réuni les journalistes, lors des JFR 2026, pour présenter ses trois axes de travail pour l’année 2027, un ancien Ministre de la Santé les a clairement mis en garde contre un trop plein d’optimisme. La radiologie interventionnelle, fer de lance d’une radiologie aux qualités médico-économique évidentes, a toutefois ravivé les débats avant une évocation de l’exploration de la Santé mentale par IRM, de l’IA et du dépistage du cancer.
À l’occasion des Journées Francophones de Radiologie (SFR) 2026, la Société Française de Radiologie (SFR) avait réuni ses leaders d’opinion pour présenter ses engagements pour le développement de la radiologie en 2027.
Les trois axes de travail de la SFR pour l’année 2027
C’est le Pr Alain Luciani,
Secrétaire Général de la SFR, qui ouvrait les débats, annonçant les trois axes
de travail de la société savante pour les mois qui viennent, à commencer par la
volonté des radiologues de considérer l’innovation humaniste comme crédo avec
un rôle en évolution pour accélérer les parcours donner accès aux soins en
permanence et pour tous. Il a rappelé la volonté de la SFR d’accompagner les
fragilités et de trav ailler de concert avec les régions pour savoir où on a
besoin de l’innovation en priorité.
Le Pr Luciani a mis en lumière, d’autre part, le Rapport de la Cour des comptes qui fait de la Radiologie Interventionnelle (RI) une priorité nationale car elle favorise des traitements efficaces avec un retour rapide au domicile et un soulagement de la douleur. Il a enfin rappelé que la France est un pourvoyeur de recherche & développement, notamment dans le domaine de l’IA en radiologie, et que cette technologie est construite, dans les institutions françaises, avec l’assurance d’un contrôle humain. Sans oublier d’annoncer la mise en place prochaine de systèmes contraignants pour la pertinence des examens, comme autant d’outils d'aide à la demande numérique interfacée avec les logiciels métiers des prescripteurs.
Un ancien Ministre de la Santé qui met en garde contre un trop plein d’optimisme
Yannick Neuder, ancien Ministre
de la Santé, a ensuite pris la parole avec un discours peu optimiste pour l’avenir
de la médecine en général. Pour atténuer les discours trop ambitieux, il a conseillé
l’assemblée de ne pas négliger les contextes politique géopolitique, ainsi que
la mauvaise conjoncture économique. Il accueilli toutefois avec satisfaction la
volonté des radiologues de changer de rôle, après les pharmaciens et biologistes,
tout en les avertissant des méfaits de la financiarisation.
L’ancien Ministre a ensuite traité des dépenses pour la santé mentale, les pathologies cancéreuses, ou le dépistage, qu’il juge insuffisantes, et qu’il appelle à étendre à l'ostéoporose. Il a rappelé la nécessité de réduction de la demande, avec le bon acte à la bonne personne, donnant l’exemple de ce qui se fait en Espagne et au Danemark dans ce domaine. Il a enfin affirmé que l’annualisation du budget de la Santé n’était pas adaptée, appelant de ses vœux une Loi pluriannuelle.
La radiologie interventionnelle, fer de lance d’une radiologie aux qualités médico-économique évidentes
C’est ensuite le Pr Laurent Milot, des Hospices Civils de Lyon (HCL), qui a vanté les apports de la RI, notamment en termes médico-économiques. La RI détecte, traite beaucoup de pathologies et les guérit, de manière mini-invasive et sans traitement complémentaire la plupart du temps. Il a fait ainsi la promotion de l’essai Collision, qui a comparé le traitement des métastases hépatiques par cryo-ablation et par chirurgie. Ce travail a prouvé que la RI générait moins de complications et était moins chère. Elle est même recommandée par la Société européenne de chirurgie.
Il a toutefois reconnu que la RI
souffrait d’un manque d'acculturation et d'accès aux soins, notamment parce que
son impact est difficile à évaluer. Il travaillera donc sur des systèmes
permettant de modéliser les actes et optimiser les parcours en coopérant plus
souvent avec les oncologues.
La Santé mentale s’est invitée dans les débats, par la voix du Pr Jean-Pierre Pruvot. Son discours s’est attardé sur la souffrance des patients, annonçant qu’un sujet sur huit connaissait des troubles mentaux une fois dans sa vie et précisant que l’IRM est aujourd’hui capable d’étudier les zones d’atteinte de l'humeur, notamment par la tractographie, qui mesure la connexion neuronale. La SFR a d’ailleurs décidé de demander un plan d'imagerie de la santé mentale pour faire évoluer cette discipline, sur le modèle du plan contre le cancer.
L’IA et le dépistage du cancer pour clore les débats
La séance s’est conclue par l’intervention
du Dr Guillaume Herpe, spécialiste de l’IA en radiologie, qui a assuré que la
communauté radiologique française se structurait autour de l'IA, qui représente
95% du marché de l'IA en santé. Cette discipline est un fleuron national que la
SFR tente de promouvoir en créant des réseaux à l'échelle nationale. La société
savante est en effet tiers de confiance auprès des tutelles, du fait de l’expertise
qu’elle a acquise au fil des ans, et elle souhaite créer une plate-forme
d'évaluation industrielle afin de préserver la souveraineté des solutions qu’elle
promeut.
Et c’est la Pr Isabelle Thomassin, Présidente des JFR 2026, qui a fermé les débats en évoquant notamment DRIM-M, le système qui met tous les examens de la radiologie française sur une même plateforme tout en gardant la maîtrise des données, Elle a enchaîné sur le dépistage du cancer du sein, performant en France mais en danger car les radiologues vieillissent. Elle a rappelé que le dépistage est la porte d'entrée vers les traitements précoces et l’outil d'orientation efficace des patients.

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