
Selon l'American Journal of Roentgenology (AJR) de l'ARRS, la localisation centrale du cancer du poumon est un facteur de mauvais pronostic, indépendamment du statut ganglionnaire, et peut justifier une surveillance plus étroite et l'examen d'un traitement adjuvant. Les chercheurs ont eu recours à un algorithme de segmentation automatisée.
Chez les patients atteints d'un cancer du poumon, la
localisation centrale de la tumeur est considérée comme un facteur de risque de
métastases ganglionnaires médiastinales. Cette association est attribuée à la
proximité des tumeurs centrales avec des collatérales lymphatiques plus larges,
près des bronches centrales, du hile et du médiastin.
La position centrale d’une tumeur pulmonaire n’est pas toujours bien définie
Les recommandations actuelles recommandent une évaluation
invasive des ganglions lymphatiques médiastinaux lors du bilan d'extension du
cancer du poumon central. Cependant, la définition de « central »
varie selon les recommandations, et il n'existe pas de consensus concernant la
portion du lobe temporal à considérer comme centrale (c.-à-d. tiers interne ou
deux tiers), les lignes de démarcation entre les tiers et le point de référence
de la tumeur (son centre ou sa marge médiale) par rapport à ces lignes de
démarcation, ce qui rend ces définitions difficiles à reproduire.
On remarque, dans la littérature, deux définitions des tumeurs centrales (tiers interne basé sur l'évaluation visuelle des lignes concentriques du hile, et deux tiers internes basé sur un indice de localisation quantitatif) sont associées à une survie sans récidive plus faible chez les patients atteints d'adénocarcinome de stade pathologique IA1-IA2. Il existe deux autres définitions (deux tiers internes définis visuellement et tiers interne basé sur l'indice de localisation) sans association significative avec la survie sans récidive.
Identifier les groupes à risque de complication à partir de la localisation centrale de la tumeur primitive
Une étude plus récente montre un indice de localisation compatible avec un point de référence différent (intersection médiastinale), où les tumeurs des deux tiers internes n'ont pas montré de différences significatives en termes de survie globale brute (SG) ou de survie sans récidive (SSR) par rapport aux tumeurs du tiers périphérique chez les patients atteints d'un adénocarcinome radiologiquement solide de stade I.
Une meilleure compréhension des implications pronostiques de la localisation centrale du cancer du poumon pourrait faciliter l'identification des groupes à haut risque, en vue d'un traitement adjuvant plus proactif et d'une surveillance plus étroite. L'estimation visuelle des régions pulmonaires 3D sur des images de tomodensitométrie (TDM) pour diviser les poumons en tiers présente des difficultés. En effet, la variabilité inter-lecteurs peut contribuer à des résultats incohérents.
Un algorithme de segmentation automatisée pour affiner le pronostic de récidive et de survie
Un algorithme de segmentation automatisée peut alors permettre d’y voir plus clair. Une étude publiée dans l’American Journal of Roentgenology (AJR) se propose d'évaluer les associations entre la localisation centrale de la tumeur, déterminée à l'aide d'un algorithme de segmentation automatisée, et les résultats en termes de récidive et de survie chez les patients atteints d'un adénocarcinome pulmonaire réséqué.
« Chez les patients atteints d'un cancer du poumon réséqué, la localisation centrale, définie comme la localisation du centre tumoral dans le tiers interne du poumon, était indépendamment associée à un risque accru de récidive locorégionale et à une survie sans récidive (SSR) et une survie globale (SG) plus faibles », explique le Dr Sang Min Lee, auteur principal et correspondant du département de radiologie de la faculté de médecine de l'université d'Ulsan (Corée du Sud).
Un outil permettant de diviser les poumons en trois régions concentriques sur la TDM
Ce travail inclut des patients ayant fait l’objet d’une
lobectomie ou d’une pneumonectomie pour un adénocarcinome pulmonaire invasif
entre juillet 2010 et décembre 2019. Les chercheurs ont développé un algorithme
automatisé pour générer des masques de segmentation divisant les poumons en
trois régions concentriques sur la TDM.
Les radiologues ont analysé les examens TDM thoraciques préopératoires à l'aide de ces masques afin de classer chaque tumeur comme située dans le tiers interne, moyen ou externe du poumon, en fonction de chacun des deux points de référence (centre de la tumeur, marge médiale de la tumeur).
Les chercheurs confirment les associations entre localisation centrale et risques de récidive loco-régionale
Chaque tumeur a ensuite été classée comme centrale ou périphérique selon quatre définitions (centre dans le tiers interne ; centre dans les deux tiers internes ; marge médiale dans le tiers interne ; marge médiale dans les deux tiers internes). Les associations entre la localisation centrale et les récidives locorégionales et à distance, la SSR et la SG ont été évaluées, en tenant compte des covariables influençant la survie au cancer du poumon, notamment la catégorie ganglionnaire pathologique.
Les chercheurs concluent que, chez les patients atteints d’adénocarcinome pulmonaire réséqué, la localisation centrale, définie comme le centre de la tumeur dans le tiers interne du poumon, était indépendamment associée à un taux de récidive locorégionale plus élevé (HRs = 1,75), une SSR plus faible (HR = 1,52) et une SG plus faible (HR = 1,45). De plus, ces associations ont été observées chez les patients atteints d’une maladie de stade I (respectivement 2,11, 1,76 et 1,78).

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