Publicité

La spectroscopie par résonance magnétique pour un diagnostic de SEP plus précoce ?

10/01/2022
De Bruno Benque avec RSNA

Une nouvelle technique de neuroimagerie, la spectroscopie par résonance magnétique du proton, peut détecter les changements biochimiques cérébraux chez les personnes atteintes de sclérose en plaques au début de la maladie. Cette évolution ouvre la voie à une identification plus rapide de la maladie, selon une étude autrichienne publiée dans la revue Radiology.

La Sclérode En Plaques (SEP) touche près de 3 millions de personnes dans le monde et son incidence est en augmentation. Il n'existe toujours pas de traitement curatif, bien que la physiothérapie et les médicaments puissent en ralentir sa progression.

La spectroscopie par résonnance magnétique du proton à l’étude

Les lésions de la substance blanche du cerveau sont la manifestation la plus facilement détectable de la SEP en IRM. Mais ces lésions, liées à la perte de myéline, ne représentent que des lésions tissulaires macroscopiques. Pour un diagnostic plus précoce, il faudrait trouver le moyen d’explorer les changements qui s’opèrent à un stade microscopique ou biochimique.

La spectroscopie par résonance magnétique du proton (SRMP) est un outil prometteur dans ce contexte. Au niveau du cerveau, elle peut détecter plusieurs métabolites ayant une pertinence potentielle pour la SEP. Des chercheurs autrichiens ont utilisé cette technique pour comparer les changements biochimiques dans le cerveau de 65 personnes atteintes de SEP avec ceux de 20 témoins sains, dans une étude publiée dans la Revue Radiology. Ils ont utilisé, pour cela, une IRM de 7T.

Visualiser les altérations biochimiques au-delà des lésions démyélinisantes

Les résultats ont montré des niveaux réduits de N-acétylaspartate (NAA) chez les patients atteints de SEP, ce qui montre une altération des neurones dans le cerveau. Les personnes atteintes de SEP font également l’objet de niveaux élevés de myo-inositol (MI), un composé impliqué dans la signalisation cellulaire. Des taux plus élevés indiquent une activité importante de la maladie inflammatoire. Les altérations métaboliques de la substance blanche d'apparence normale et de la substance grise corticale semblaient également liées à la SEP. Les chercheurs ont ainsi mis à jour un rôle potentiel pour l'imagerie SRMP 7T dans la visualisation de la pathologie de la SEP au-delà des lésions démyélinisantes.

Des implications cliniques prometteuses pour une identification précoce de la SEP

« L'IRM des substances neurochimiques permet la détection de changements dans le cerveau des patients atteints de SEP dans des zones anatomiques qui semblent peu visibles sur l'IRM conventionnelle, précise l'auteur principal de l'étude, le Pr Wolfgang Bogner, du High Field MR Center de l'Université de médecine de Vienne (Autriche). Les changements visualisés dans la neurochimie du tissu cérébral d'apparence normale étaient en corrélation avec les handicaps des patients. »

Les progrès permis par la SRMP ont des applications cliniques importantes, selon la co-auteur de l'étude, le Pr Eva Heckova, du High Field MR Center de l'Université de médecine de Vienne.  « Certains changements neurochimiques, en particulier ceux associés à la neuroinflammation, se produisent tôt au cours de la maladie et peuvent non seulement être corrélés avec le handicap, mais aussi être prédictifs d'une progression ultérieure telle que la formation de lésions de sclérose en plaques », a-t-elle ajouté.

Des résultats à confirmer par des essais longitudinaux

Bien que des travaux supplémentaires soient nécessaires pour confirmer les résultats, la SRMP 7T semble prometteuse pour la prise en charge des personnes atteintes de SEP. « Si elle est confirmée dans des études cliniques longitudinales, cette nouvelle technique de neuroimagerie pourrait devenir un outil de choix pour le diagnostic initial, pour la progression de la maladie et le suivi thérapeutique des patients atteints de SEP, poursuit le Pr Bogner.

Les chercheurs s'efforcent d'améliorer encore la qualité d'image de la nouvelle technique et de l'intégrer pleinement pour une utilisation dans les modalités d’IRM clinique de routine.

SUR LE MÊME THÈME

Imagerie Neurologique
Un modèle avancé de localisation et de stratification du méningiome par IRM
Abonné(e)

Un modèle avancé de localisation et de stratification du méningiome par IRM

Devant les limites des approches classiques de localisation et de stratification des méningiomes et des cartographies lésionnelles basées sur les voxels encore trop imprécises, des chercheurs ont expérimenté une évaluation voxel par voxel doublée d’une présentation clinique. Leur étude, publiée dans...

04/08/2026 -

Imagerie Neurologique
Différentier la PSP des autres syndromes parkinsoniens par IRM
Abonné(e)

Différentier la PSP des autres syndromes parkinsoniens par IRM

La paralysie supranucléaire progressive (PSP) difficilement détectable par marqueurs IRM planimétriques, des mesures linéaires simples sur IRM T1 du mésencéphale semblant plus pertinentes. Une étude publiée dans la Revue Radiology tente de différentier la PSP des autres syndromes parkinsoniens au se...

26/06/2026 -

Imagerie Neurologique
Un modèle d'analyse du méningiome par IRM voxel par voxel
Abonné(e)

Un modèle d'analyse du méningiome par IRM voxel par voxel

Pour obtenir une classification anatomique précise du méningiome, une cartographie IRM est essentielle. Mais pour rapprocher la localisation tumorale et les signes cliniques du méningiome, il faut recourir à une modélisation voxel par voxel. Une étude publiée dans la Revue Radiology : Imaging cancer...

15/06/2026 -

Imagerie Neurologique
Diagnostic de la SEP : une revue des critères de McDonald mis à jour en 2024
Abonné(e)

Diagnostic de la SEP : une revue des critères de McDonald mis à jour en 2024

La sclérose en plaque fait l’objet de différentes formes d’apparition. Un diagnostic clinique, biologique et radiologique est établi à partir des critères de McDonald. Une revue de la mise à jour de ces critères vient d’être publiée dans l’American Journal of Roentgenology (AJR).

22/04/2026 -

Imagerie Neurologique
L'angio-IRM objective des anévrysmes intracérébraux provoqués par une exposition répétée aux explosions
Abonné(e)

L'angio-IRM objective des anévrysmes intracérébraux provoqués par une exposition répétée aux explosions

Dans un vaste échantillon de membres des forces d'opérations spéciales américaines (SOF), des chercheurs ont constaté qu'une prévalence plus élevée d'anévrismes intracrâniens était associée, de manière indépendante, à une exposition répétée plus importante aux explosions. Une étude publiée dans la r...

15/04/2026 -

Imagerie Neurologique
Une vue d'ensemble des apports de l'échographie transcrânienne Doppler avec ou sans image
Abonné(e)

Une vue d'ensemble des apports de l'échographie transcrânienne Doppler avec ou sans image

L’échographie doppler transcrânienne est aussi très pertinente sans mode B, en aveugle, pour explorer l’hémodynamique cérébrale. Un article publié dans la Revue RadioGraphics décrit une technologie, autrefois dédiée à la pédiatrie, qui a des indications pour l’exploration des adultes. Il propose une...

25/03/2026 -

Imagerie Neurologique
Une revue des troubles dégénératifs et de leurs signes radiologiques associés
Abonné(e)

Une revue des troubles dégénératifs et de leurs signes radiologiques associés

L’IRM et le TEP au FDG sont aujourd’hui à la pointe de l’imagerie pour explorer les troubles neurodégénératifs. Un article publié dans la Revue European Radiology décrit des diagnostics souvent liés à la présence d’amyloïde intracérébrale. La maladie d’Alzheimer, souvent indétectable à un stade préc...

17/03/2026 -

LETTRE D'INFORMATION

Ne manquez aucune actualité en imagerie médicale et radiologie !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire pour recevoir les dernières actualités, agendas de congrès, et restez informé des avancées et innovations dans le domaine.