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Radioprotection: la culture des professionnels de Santé doit encore évoluer

VENDREDI 21 JUIN 2019 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

À l'occasion du 12ème congrès de la Société Française de Radioprotection, qui s'est déroulée du 18 au 20 juin 2019 à La Rochelle, le Past-Président Bernard Le Guen et le Président élu Thiery Sarrazin nous ont accordé une longue interview. Ils ont mis en lumière la notion pluridisciplinaire de cette association tournée vers la protection des populations contre les rayonnements, ionisant ou non.

SFRP

Thema Radiologie : Quelles sont les activités et les orientations de la Société Française de Radioprotection (SFRP) ?

Bernard Le Guen: Les acteurs de la SFRP viennent d'horizons différents. La radioprotection est rarement un métier premier et on en peut faire dans toutes les sociétés savantes comme la SFR, la SFRO ou la SFMN. Nous avons la volonté de mélanger tous les acteurs qui souhaitent protéger les personnes soumises à un environnement ionisant. Mais les questions à traiter sont différentes selon que l'on exerce en radiologie, radiothérapie, ou en centrale nucléaire.

Thiery Sarrazin : Les gens de la SFRP font de la radioprotection une passion. Ils représentent tous les corps de métiers ingénieurs, chercheurs, médecins, dans des domaines d'activité industriel, institutionnel, militaire et médical ainsi que les dentistes et vétérinaires.

B.LG. : L'activité principale est d'essayer de faire travailler ensemble des personnes de métiers différents dont le terrain de jeu est soumis aux et rayonnements ionisants, ou non ionisants d'ailleurs. Par exemple, les ondes dues aux téléphones portables et magnéto-protection font partie de notre champ d'intervention. Nous avons eu un sujet ce matin (NDLR le 19 juin 2019 lors du congrès de la SFRP) sur les ondes magnétiques ainsi que sur les pratiques de neurostimulation profonde, qui entrent dans les compétences de la SFRP.

T.R. : Quelle est, aujourd'hui, l'ampleur du congrès national de la SFRP ?

T.S. : Une des raisons de cette baisse également vient de la diminution significative des budgets de formation dans les établissements de Santé et de la difficulté à libérer les professionnels pour qu'ils aillent se former. Dans la santé, les budgets de formation continue sont réduits, représentant à l'Institut Gustave Roussy où j'exerce quelque 1,5% du budget, alors que ce taux est de 8% chez un distributeur de marchandises !

B.LG. : C'est d'ailleurs la première fois que les journées PCR de la SFRP, qui se sont déroulées au printemps dernier, font plus de monde que le congrès annuel SFRP. Les PCR comprennent beaucoup de gens isolés qui besoins de formation pour exercer leurs missions. C'est la raison du succès des réseaux régionaux de Personnes Compétentes en Radioprotection (PCR) notamment.

T.R. : Justement, comment faire pour mieux former les PCR ?

T.S. : Nous sommes en train de réfléchir à d'autres processus de formation pour les PCR à travers notre réseau, peut-être en utilisant l'outil numérique. Le problème majeur concernant ces acteurs incontournables vient du fait que, souvent, les PCR ont une autre activité, au sein de l'établissement de Santé ou du cabinet, et c'est très difficile, dans ces conditions, de se tenir au fait de la réglementation et des bonnes pratiques. Certains vont chercher de l'information sur internet mais est-elle toujours très fiable ?

T.R. : Dans le domaine médical, il semble que les professionnels de Santé soient plus impliqués qu'avant. Dans quels domaines doivent-ils encore évoluer ?

B.LG. : Il faut améliorer la culture de la radioprotection des professionnels de Santé. Tout le monde veut bien faire dans la vie. Mais les erreurs sont vite arrivées et c'est une culture à mettre en place ou à consolider dans cet environnement. Le monde a changé, il faut faire un effort sur la culture et la responsabilité en radioprotection. Troisième point très important, le médecin prescripteur. On se tourne toujours vers le radiologue lors d'un dépassement de dose, alors que c'est le généraliste qui prescrit l'examen. Les bonnes pratiques doivent s'intéresser à ceux-là. Un patient qui a reçu 15 Gy en radiologie interventionnelle va voir son médecin quelques mois après pour un érythème. Celui-ci n'a alors pas le réflexe d'incriminer les rayons X et pense d'empblée à une maladie infectieuse. On a, au sein de la SFRP, un rôle de transmission et le ministère nous a demandé d'accompagner la réglementation en étant la voix des professionnels.

T.S. : Comment faire évoluer la culture ? Eh bien dans les instances internationales, par exemple, on est allés chercher les concepteurs de modalités d'imagerie médicale. Ils sont à la recherche de la plus belle image mais on les a convaincus que la dose peut devenir un élément de business pour eux. On a, depuis, fait des progrès immenses sur ce point et on obtient aujourd'hui le bon diagnostic avec le moins de dose.

T.R. : Il semble tout de même que cette culture est mieux implantée en radiothérapie ?

T.S. : En effet, mais en radiothérapie et curiethérapie, l'évolution des techniques est plus rapide que les connaissances radiobiologiques. Des progrès conséquents ont été réalisés ces dernières décennies en faveur de la maitrise du rayonnement. Par exemple, on a créé les collimateurs multilames, puis la modulation d'intensité. Et maintenant, on envoie des débits très forts de 20 Gy d'un coup ! Mais nous n'avons aucun recul sur les effets radiobiologiques sur les tissus sains. On a autorisé des AMM pour des appareillages sans mener les recherches pertinentes. On risque ainsi de découvrir des cancer radio-induits vingt ans plus tard.

B.LG. : Ces modalités permettent aujourd'hui d'assumer les workflows très important des services de radiothérapie. Les constructeurs proposent des produits très fiables, certes, mais on n'a pas le recul nécessaire pour en évaluer les effets. Et nous n'avons toujours pas de registre national des cancers en France. Bref, dans les années 80, un nouveau plateau technique de recherche sur les fortes doses a vu le jour. Mais il n'y a pas énormément de laboratoires qui travaillent là-dessus depuis. C'est malheureusement le parent pauvre du domaine.

Il est important de travailler sur la culture des rayonnements ionisants en milieu hospitalier. Il faut promouvoir des systèmes transparents d'assurance qualité, avec une remontée des événements peu importants, sans craindre les éventuelles sanctions. L'ASN n'est pas un gendarme ! La SFRP, quant à elle, est un lieu d'échange des cultures et de partage des compétences au service des populations

Propos recueillis par Bruno Benque


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Des niveaux de référence dosimétriques proposés pour le scanner interventionnel
12/06/2020 : Les pratiques de tomodensitométrie interventionnelle trouvent régulièrement de nouvelles indications se qui fait progresser depuis quelques années le nombre et la qualité des actes réalisés dans cette discipline. Mais il manque, en France, des niveaux de référence dosimétriques pour évaluer le risque ionisant pour les patients. Nous avons rencontré Joël Greffier, physicien médical au CHU de nîmes, qui est à l'initiative d'une étude sur le sujet et publiée dans la Revue European Radiology. Il nous décrit sa démarche et les premiers résultats qu'il a pu recueillir.

NRD 2016-2018 : un bon bon cru !
28/04/2020 : Un nouveau bilan triennal du dispositif NRD vient d’être publié par l’IRSN. Les résultats sont globalement satisfaisants, bien que la participation soit faible sur le champ de la raciologie conventionnelle. L’Institut émet également des recommandations pour faire évoluer le dispositif, notamment en tomodensitométrie et en mammographie.

L'Institut de cancérologie Lucien Neuwirth mis en demeure par l'ASN
15/01/2020 : L’institut de cancérologie Lucien Neuwirth (42) montre des signes significatifs d’insuffisances dans l’organisation de la radioprotection dans son service de radiothérapie et de curiethérapie. L’ASN, après plusieurs visites, le met en demeure de mettre en place les solutions appropriées dans une Décision.

La protection des sources non scellées monte en puissance dans un Arrêté
08/01/2020 : De nouvelles dispositions relatives au contrôle des sources non scellées viennent d’être éditées dans un Arrêté du Ministère des Solidarités et de la Santé. Ce document vise à mieux protéger ces sources contre les actes malveillants.

Le nouvel Arrêté relatif aux PCR, OCR et conseiller en radioprotection est paru !
06/01/2020 : Un nouvel Arrêté vient d’encadrer les nouvelles dispositions relatives à la gestion du risque ionisant en milieu de Santé. Les notions de PCR, d’OCR ou de conseiller en radioprotection y sont expliqués.  

L'Institut Gustave Roussy se dote d'un nouveau DACS
29/11/2019 : La dosimétrie patient de l’Institut Gustave Roussy sera désormais pilotée par Medsquare, via son DACS Radiation Dose Monitor (RDM). L’historique des données patients sera intégré à la nouvelle solution.

"Mesurer pour agir" avec le DACS Nexo[Dose] une solution complète, multimodalités, multiconstructeurs et indépendante
15/11/2019 : Nexo[Dose] permet une analyse du risque conformément au principe de justification et d’optimisation en mettant en place un système de gestion de la qualité SMQ - Arrêté du 8 février 2019, visant à homologuer de la décision n° 2019-DC-0660 de l'Autorité de sûreté nucléaire - ASN, du 15 janvier 2019 et entrer en vigueur au 01 juillet 2019.

Le jeu des 7 erreurs de radioprotection au bloc opératoire
08/11/2019 : Afin d’améliorer la culture de prévention du risque ionisant dans les blocs opératoires, l’ASN a élaboré un document pour mettre en place un outil de simulation appelé « Bloc des erreurs ».

Développement des compétences en matière de radioprotection
17/10/2019 : Note d’information n° DGOS/RH4/DGCS/4B/2019/160 du 8 juillet 2019 relative aux orientations retenues pour 2020 en matière de développement des compétences des établissements publics de santé parmi lesquelles la radioprotection des patients.

Radioprotection du patient: quelques modifications publiées dans un Arrêté
07/10/2019 : Les dispositions prises par l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) dans sa Décision du 11 juin 2019 viennent de faire l'objet d'un Arrêté su Ministère. La fréquence des formations à la radioprotection du patient, les professionnels concernés e les méthodes pédagogiques sont notamment concernés par ce document.


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