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Édito - Doit-on craindre une pénurie de manipulateurs à moyen terme ?

MERCREDI 03 OCTOBRE 2018 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Une pénurie de Manipulateurs d'Électro-Radiologie Médicale (MERM) semble s'annoncer à moyen terme, sous l'effet de plusieurs facteurs. Le processus de recrutement des étudiants et la réforme LMD figurent parmi les causes de ce phénomène.

Bruno Benque

La radiologie française connaît aujourd'hui, à l'instar des autres spécialités médicales, une crise démographique sans précédent. Et si ce problème est connu en ce qui concerne les radiologues, il se pose également pour les Manipulateurs d'Électro-Radiologie Médicale (MERM).

Un déchet sans précédent dans le parcours de formation des manipulateurs

Plusieurs tendances se télescopent aujourd'hui qui sont susceptibles de faire craindre, à moyenne échéance, quelques difficultés de recrutement dans les services de radiologie, radiothérapie ou médecine nucléaire. Cette conjoncture pourrait même entrainer une pénurie de professionnels qualifiés. La première cause est liée à la formation des étudiants. Les réformes récentes ont, tour à tour, supprimé le concours d'entrée dans les Instituts de formation (IFMEM) et proposé aux manipulateurs en herbe de suivre la première année de médecine (PACES), suivie généralement d'un entretien, comme mode de sélection. Aujourd'hui, c'est la plateforme Parcoursup qui fait désormais office de filtre à l'entrée dans ces instituts. Et cette évolution est responsable de quelques abandons au cours du processus de formation, notamment en première année, certains étudiants se rendant compte que, finalement, ce métier n'est pas fait pour eux.

Les dommages collatéraux de la réforme LMD

D'autre part, l'obtention du diplôme d'État ou du diplôme de technicien supérieur n'est, pour certains, pas synonyme d'entrée automatique dans la vie active. En effet, la formation de MERM étant entrée, comme l'ensemble des cursus paramédicaux, dans le processus LMD, les nouveaux diplômés ont la possibilité de continuer leurs études, vers un Master notamment. Et l'on estime à 10% le taux de poursuite d'études pour les MERM. Pourtant, les effectifs d'étudiants ont partout été augmentés il y a quelques années. Mais l'on s'aperçoit aujourd'hui que seulement 60% de ceux-ci, en moyenne, intègrent les services de radiologie, radiothérapie ou médecine nucléaire après leur formation initiale. Un phénomène qui devra certainement être anticipé en haut lieu dans un futur proche.

De nombreux postes à pourvoir à moyen terme

D'autant que les besoins en MERM vont aller croissant dans les prochaines années. Les études démographiques concernant les MERM actifs montrent qu'ils ont, pour 30% d'entre eux, plus de cinquante ans. De quoi prévoir un exode massif de personnels qualifiés à brève échéance. Sans compter que, à la faveur d'une reprise économique qui semble poindre à l'horizon, les Projets Régionaux de Santé (PRS) prévoient de créer de nouvelles autorisations, d'imagerie en coupe notamment, qui conduiront fatalement à la création de nouveaux postes susceptibles de tendre le marché du travail pour cette spécialité. Déjà, de nombreux postes à pourvoir au sein des établissements de Santé, notamment à l'AP-HP où près d'une centaine de manipulateurs pourraient, dit-on, être embauchés sur le champ. En outre, la plupart des jeunes professionnels se voient proposer, dans le secteur privé, des postes à salaire significativement attractif.

En attendant, voilà une filière qui, outre la diversité des technologies qu'elle propose et des spécialités qu'elle couvre, ajoute une composante salariale à ses atouts ce qui devrait améliorer ainsi son attractivité.

Bruno Benque


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