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L'IRM comme outil de quantification des dépôts de gadolinium dans le cerveau

VENDREDI 18 NOVEMBRE 2016 Soyez le premier à réagirSoyez le premier à réagir

Parmi les nombreuses études menées sur le thème de l’accumulation de traces de gadolinium dans le cerveau, la revue Radiology a publié celle de l’équipe du Pr Kuno à Boston, qui propose l’IRM comme méthode d’évaluation de routine non invasive de ces effets à long terme.

RSNA

Suite aux différentes annonces survenues ces trois dernières années et dans le cadre d’un prochain texte législatif dédié, les chercheurs explorent autant que faire ce peut les effets à long terme potentiels des agents de contraste à base de gadolinium (ACBG) au niveau cérébral. Et la mesure directe sur les IRM en T1 et T2 dans le cerveau peut devenir une méthode fiable d’évaluation de ces effets, selon une étude publiée en ligne le 31 Octobre 2016 dans la revue Radiology .

L’étude du cerveau en IRM T1 et T2 comme méthode de détection non invasive

Des chercheurs du Boston Medical Center ont trouvé une corrélation significative entre les valeurs de  signal en T1 et T2 et une exposition précédente à un ACBG pour le cerveau entier ou certaines régions de celui-ci. Les résultats appuient également des études antérieures sur la présence de dépôts de gadolinium dans le cerveau suite à l'administration d’ACBG. "Parce qu’on ne sait pas encore précisément si ces dépôts de gadolinium peuvent avoir des implications à long terme pour la santé, le développement de techniques non invasives pour surveiller les niveaux de dépôt de gadolinium est impératif, précise l'auteur principal, le Pr. Hirofumi Kuno. La mesure directe de T1 et T2 peut être une méthode fiable pour l'évaluation de l'administration globale et locale de gadolinium."

De nombreux cas de dépôt de gadolinium déjà rapportés

Au cours des trois dernières années, de nombreuses recherches ont porté sur les effets potentiels à long terme des ACBG sur des patients ayant subi des IRM de contraste pour diverses raisons. L'intérêt a été suscité en particulier par une étude de 2013 menée par Kanda et al., qui a constaté une intensité de signal élevée dans le noyau denté au niveau du cervelet et dans les zones sous-corticales sur les IRM pondérées en T1 chez 19 patients qui avaient reçu six injections d’ACBG ou plus. Plusieurs autres études ont suivi le même processus, les résultats impliquant de minuscules traces de gadolinium dans le tissu cérébral plusieurs années après l’administration de ce produit de contraste. Des études antérieures ont également utilisé des intensités de signal pondérées en T1 et en T2 pour trouver des preuves d'excès d'anticorps antirétroviraux, là encore plusieurs années après injection à l'aide de mesures semi-quantitatives dans certaines régions du cerveau.

Une étude rétrospective sur 35 sujets

Kuno et ses collègues ont recruté 35 sujets qui ont été explorés par scanner et IRM 1,5 T en utilisant un protocole de séquence d'impulsion de spin-écho rapide et des antennes de tête en quadrature entre mai 2005 et avril 2014. Neuf patients (26%) d’âge médian 47 ans ont fait l’objet d’une à huit injections de gadopentetate dimeglumine (Magnevist) pour des indications cliniques variées. Aucun autre ACBG n'a été utilisé. Les 26 autres patients (74%) étaient d’âge médian 38,5 ans et n’avaient aucun antécédent d’injection d’ACBG. Les chercheurs ont examiné les intensités du signal T1 et T2 dans les substances blanches et grise du cerveau entier avec un algorithme à double clustering. Leur analyse des régions cérébrales s'est concentrée sur la zone sous-corticale, le noyau denté et le thalamus.

Des données en faveur d’un dépôt dans de nombreuses zones du cerveau

Une analyse de l'ensemble du cerveau a révélé des valeurs de T1 significativement plus courtes dans la substance grise des patients ayant reçu du gadopentetate dimeglumine, la forme macrocyclique de gadolinium, comparativement aux patients sans exposition à cet ACBG. Cependant, il n'y avait aucune différence significative dans les valeurs de T1 dans la substance blanche entre les deux groupes. Les valeurs moyennes T2 pour l'ensemble du cerveau n'ont pas non plus objectivé de différence significative entre les deux groupes de patients. Il y avait également une corrélation significative entre la dose cumulée totale d’ACBG et les valeurs de T1. Plus précisément, les résultats montrent une différence significative dans la matière grise et dans la zone sous-corticale, le noyau denté et le thalamus. Les valeurs de T2 ont enfin révélé une corrélation significative avec la dose cumulée de GBCA pour le cerveau entier, le noyau denté et le thalamus.

Des résultats qui confirment les études précédentes

"Nos résultats ont confirmé les résultats précédemment rapportés que les dépôts de gadolinium sont largement distribués dans tout le cerveau et que la matière grise et les noyaux gris sont les plus touchés, ont écrit les auteurs. Ils sont en faveur du développement de techniques non invasives pour surveiller les niveaux de dépôt de gadolinium, c’est impératif." Ils ont également suggéré que la mesure des valeurs T1 et T2 dans le cerveau pourrait devenir une méthode fiable pour l'évaluation de l'administration au niveau mondial et local, de gadolinium. 

Kuno et son équipe ont cité, comme limites de l'étude, le nombre relativement faible de patients qui ont reçu des injections d’ACBG, notamment ceux qui ont reçu plus de trois injections. Ils ont recommandé que des recherches supplémentaires soient poursuivies incluant des cohortes plus nombreuses, pour valider les résultats.

Bruno Benque avec RSNA


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