Publicité

L'IRSN confirme les bons résultats liés aux doses efficaces reçues en scanographie

08/10/2020
De Bruno Benque avec IRSN

Le Rapport annuel de l’IRSN sur l’exposition de la population liée à la radiologie diagnostique objective, comme l’on pouvait s’y attendre, une augmentation du nombre d’actes avec l’âge. Mais de bons résultats sont mis en lumière quant à la dose efficace reçue par les patients, notamment au scanner.

L’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) vient de faire paraître son Rapport sur l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants issus de l’imagerie médicale diagnostique.

Cette étude, qui ne prend pas en compte, de fait, les actes interventionnels qui sont souvent les plus irradiants, montre tout d'abord que la radiologie conventionnelle représente la majorité des actes réalisés, avec près de 47 millions d’actes, et est le second contributeur à la dose efficace collective. À l’inverse, et comme l’on pouvait s’y attendre, la scanographie ne représente que 11 millions d’actes, mais elle contribue à près de 75 % de la dose efficace collective. À noter que la médecine nucléaire, qui ne représente qu’un faible pourcentage des actes, représente 11% de la dose efficace collective.

Le nombre d’actes de radiologie diagnostique augmente avec l’âge, surtout chez les hommes

Si l’on segmente la population, on constate une augmentation des fréquences d’actes avec l’âge des individus, atteignant plus de 2 000 actes pour 1 000 adultes de 75 à 84 ans. Une différence claire entre les hommes et les femmes est également observée concernant les fréquences d’actes sont plus élevées pour les femmes, notamment dans la tranche d’âge 40 à 75 ans. Une très grande amplitude de variation des doses selon l’âge de l’individu est également observée, allant de moins de 0,1 mSv par an pour les enfants de moins de 10 ans à plus de 5 mSv pour les hommes de 75 à 85 ans.

Ces différences proviennent essentiellement du scanner, plus fréquent chez les hommes, qui reçoivent d’autre part des doses efficaces plus élevées à type d’exploration identique. La contribution de la radiologie conventionnelle est par contre largement plus élevée chez les femmes que chez les hommes du fait des examens de mammographie.

Cette étude montre également que la grande majorité des actes de radiologie interventionnelle diagnostiquesont des actes de coronarographie, les hommes étant largement plus explorés que les femmes sur ce champ. Les actes sur le système vasculaire arrivent en seconde position et sont environ trois fois moins fréquents que les actes cardiaques.

Les excellents résultats obtenus concernant la dose efficace liée au scanner

La population française fait état d’une dose efficace individuelle cumulée moyenne d’environ 3,4 mSv. La moitié des patients reçoit une dose inférieure ou égale à 0,1 mSv, 75 % reçoit 1,5 mSv ou moins, tandis que les 5 % des patients les plus exposés reçoivent une dose supérieure à 18,1 mSv. La distribution de dose efficace des hommes, qui sont plus explorés par scanographie et par médecine nucléaire, est nettement décalée vers les doses élevées par rapport à celle des femmes. Par exemple, en 2017, environ 0,5 % des patients ayant bénéficié́ d’au moins un scanner a reçu une dose efficace cumulée supérieure à 100 mSv.

Si l’on compare aux années précédentes, et si l’on ne prend pas en compte les actes dentaires, la tendance à la baisse du nombre d’actes, visible depuis 2002, n’est pas observée en 2017, avec une hausse de 1,3 % par rapport à 2012. La scanographie connait une forte augmentation sur la période (+17%), en constante progression depuis 2002. Mais la médecine nucléaire, dont la fréquence d’actes reste modeste (23 pour 1 000 bénéficiaires) connait une forte augmentation de près de 44 % depuis 2012.

Par contre, les résultats relatifs à la dose efficace moyenne sont très encourageants, puisque la hausse observée entre 2002 et 2012 (+88 %) fait place à une baisse de 1,9 % entre 2012 et 2017. Cette baisse est essentiellement liée à la radiologie conventionnelle, mais également à la scanographie, dont l’augmentation de la dose efficace collective (+2,4 %) reste largement inférieure à celle du nombre d’actes (+17 %). Ces observations reflètent d’ailleurs les diminutions des doses par acte de scanographie observées dans le dernier bilan des niveaux de référence diagnostiques pour la période 2016-2018.

SUR LE MÊME THÈME

Imagerie Cardio-vasculaire
Une nouvelle preuve de la performance de la TDM spectrale pour le diagnostic du cancer du poumon
Abonné(e)

Une nouvelle preuve de la performance de la TDM spectrale pour le diagnostic du cancer du poumon

Dans une étude prospective publiée dans la Revue Radiology et menée auprès de 200 adultes atteints d'un cancer du poumon, la tomodensitométrie à comptage de photons (TDM-CP) a permis de réduire l'exposition aux radiations, de diminuer les effets indésirables et d'obtenir une meilleure qualité d'imag...

03/02/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
Choisir le bon point d'injection pour une lympho-TDM optimale
Abonné(e)

Choisir le bon point d'injection pour une lympho-TDM optimale

Étant donné qu’il existe des similitudes entre le système lymphatique de la souris et celui de l’humain, une étude publiée dans la Revue European Radiology expérimente la TDM lymphatique après injection dans les ganglions mésentériques de la souris pour explorer le chylothorax. Ce travail a montré l...

02/02/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
Save the date : les 15èmes Journées Francophones d'Imagerie Cardiovasculaire

Save the date : les 15èmes Journées Francophones d'Imagerie Cardiovasculaire

Les Journées Francophones d’Imagerie Cardio-Vasculaire (JFICV) 2026 seront rythmées par l’imagerie cardiaque et la radiologie interventionnelle, une session junior ainsi qu’une session paramédicale. Rendez-vous à Lille en Mai 2026 !

22/01/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
Des volumes et caractéristiques de plaques coronariennes significativement associées à l'ischémie
Abonné(e)

Des volumes et caractéristiques de plaques coronariennes significativement associées à l'ischémie

Quelle concordance existe-t-il entre la sévérité d’une sténose coronarienne évaluée par coroscanner et la FFR associée ? Une revue de la littérature et une méta-analyse publiée dans la Revue European Radiology nous confirme que les volumes et caractéristiques de plaques d’athérome sont significative...

21/01/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
La lithotripsie intravasculaire se démocratise
Abonné(e)

La lithotripsie intravasculaire se démocratise

Il existe depuis une vingtaine d’années une alternative au rotablator pour le traitement des sténoses artérielles clacifiées. La lithotripsie intravasculaire émet des ondes de choc ultrasonores pour fragmenter la plaque calcifiée en toute sécurité, si bien que ce système éprouvé étendra prochainemen...

20/01/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
Un premier cas de remplacement simultané des quatre valves cardiaques par voie transcutanée
Abonné(e)

Un premier cas de remplacement simultané des quatre valves cardiaques par voie transcutanée

Un article paru dans l’European Heart Journal décrit les résultats d’une procédure interventionnelle très particulière. Il s'agit du premier cas rapporté de remplacement simultané par voie percutanée des quatre valves.

08/01/2026 -

Imagerie Cardio-vasculaire
Les experts européens parlent de la prise en charge de la régurgitation tricuspidienne
Abonné(e)

Les experts européens parlent de la prise en charge de la régurgitation tricuspidienne

La plateforme Radcliffe Cardiology a récemment mis en ligne un webinaire dédié à l’insuffisance tricuspidienne. Les experts qui l’animent évoquent les dernières recommandations européennes relatives au diagnostic de régurgitation tricuspidienne ainsi que les procédures thérapeutiques diverses à mett...

05/01/2026 -

LETTRE D'INFORMATION

Ne manquez aucune actualité en imagerie médicale et radiologie !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire pour recevoir les dernières actualités, agendas de congrès, et restez informé des avancées et innovations dans le domaine.