Le Rapport annuel de l’IRSN sur l’exposition de la population liée à la radiologie diagnostique objective, comme l’on pouvait s’y attendre, une augmentation du nombre d’actes avec l’âge. Mais de bons résultats sont mis en lumière quant à la dose efficace reçue par les patients, notamment au scanner.
L’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) vient de faire paraître son Rapport sur l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants issus de l’imagerie médicale diagnostique.
Cette étude, qui ne prend pas en compte, de fait, les actes interventionnels qui sont souvent les plus irradiants, montre tout d'abord que la radiologie conventionnelle représente la majorité des actes réalisés, avec près de 47 millions d’actes, et est le second contributeur à la dose efficace collective. À l’inverse, et comme l’on pouvait s’y attendre, la scanographie ne représente que 11 millions d’actes, mais elle contribue à près de 75 % de la dose efficace collective. À noter que la médecine nucléaire, qui ne représente qu’un faible pourcentage des actes, représente 11% de la dose efficace collective.
Le nombre d’actes de radiologie diagnostique augmente avec l’âge, surtout chez les hommes
Si l’on segmente la population, on constate une augmentation des fréquences d’actes avec l’âge des individus, atteignant plus de 2 000 actes pour 1 000 adultes de 75 à 84 ans. Une différence claire entre les hommes et les femmes est également observée concernant les fréquences d’actes sont plus élevées pour les femmes, notamment dans la tranche d’âge 40 à 75 ans. Une très grande amplitude de variation des doses selon l’âge de l’individu est également observée, allant de moins de 0,1 mSv par an pour les enfants de moins de 10 ans à plus de 5 mSv pour les hommes de 75 à 85 ans.
Ces différences proviennent essentiellement du scanner, plus fréquent chez les hommes, qui reçoivent d’autre part des doses efficaces plus élevées à type d’exploration identique. La contribution de la radiologie conventionnelle est par contre largement plus élevée chez les femmes que chez les hommes du fait des examens de mammographie.
Cette étude montre également que la grande majorité des actes de radiologie interventionnelle diagnostiquesont des actes de coronarographie, les hommes étant largement plus explorés que les femmes sur ce champ. Les actes sur le système vasculaire arrivent en seconde position et sont environ trois fois moins fréquents que les actes cardiaques.
Les excellents résultats obtenus concernant la dose efficace liée au scanner
La population française fait état d’une dose efficace individuelle cumulée moyenne d’environ 3,4 mSv. La moitié des patients reçoit une dose inférieure ou égale à 0,1 mSv, 75 % reçoit 1,5 mSv ou moins, tandis que les 5 % des patients les plus exposés reçoivent une dose supérieure à 18,1 mSv. La distribution de dose efficace des hommes, qui sont plus explorés par scanographie et par médecine nucléaire, est nettement décalée vers les doses élevées par rapport à celle des femmes. Par exemple, en 2017, environ 0,5 % des patients ayant bénéficié́ d’au moins un scanner a reçu une dose efficace cumulée supérieure à 100 mSv.
Si l’on compare aux années précédentes, et si l’on ne prend pas en compte les actes dentaires, la tendance à la baisse du nombre d’actes, visible depuis 2002, n’est pas observée en 2017, avec une hausse de 1,3 % par rapport à 2012. La scanographie connait une forte augmentation sur la période (+17%), en constante progression depuis 2002. Mais la médecine nucléaire, dont la fréquence d’actes reste modeste (23 pour 1 000 bénéficiaires) connait une forte augmentation de près de 44 % depuis 2012.
Par contre, les résultats relatifs à la dose efficace moyenne sont très encourageants, puisque la hausse observée entre 2002 et 2012 (+88 %) fait place à une baisse de 1,9 % entre 2012 et 2017. Cette baisse est essentiellement liée à la radiologie conventionnelle, mais également à la scanographie, dont l’augmentation de la dose efficace collective (+2,4 %) reste largement inférieure à celle du nombre d’actes (+17 %). Ces observations reflètent d’ailleurs les diminutions des doses par acte de scanographie observées dans le dernier bilan des niveaux de référence diagnostiques pour la période 2016-2018.


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