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De la nécessité d'uniformiser les recommandations dosimétriques internationales

08/01/2019
De Bruno Benque avec le BMJ

Les patients faisant l'objet d'un examen de scanner ne reçoivent pas tous la même dose de rayons X, selon l'endroit du monde où ils se trouvent. C'est le résultat d'une étude américaine qui pointe le Japon, Israël et les USA comme mauvais élèves en la matière.

Une étude publiée dans le British Medical Journal se propose de déterminer les caractéristiques du patient, de l'établissement et de la machine qui contribuent à la variation des doses de rayonnement utilisées pour la tomodensitométrie.

Une étude de la dosimétrie sur quelques 2 millions de scanners

Elle est basée sur des données rassemblées et analysées à partir du registre international des doses scanner de l'Université de Californie à San Francisco. Elle concerne ainsi plus de 2 millions d'examens de tomodensitométrie effectués sur des adultes entre novembre 2015 et août 2017 et provenant de 151 institutions réparties dans sept pays (Suisse, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Israël et Japon).

Les doses efficaces moyennes et les proportions des examens à fortes doses pour l’abdomen, le thorax, le thoraco-abdominal, ainsi que le crâne, ont été classées par caractéristiques de patients (sexe, âge et taille), type d’établissement, par jours ouvrables et par volume d'activité dans les établissements. Les autres critères de distinction étaient les types de machines (fabricant, modèle), le pays et la manière dont les scanners ont été utilisés. Les examens à fortes doses ont été définis comme des examens par tomodensitométrie avec des doses supérieures au 75e centile définies au cours d’une période initiale.

Des différences significatives de doses efficaces selon les pays

Cette étude a permis de mettre en évidence une forte variation de la dose efficace moyenne et de la proportion des examens à forte dose d'un établissement à l'autre. Les doses variaient légèrement (10-30%) en fonction du type d'établissement et des caractéristiques de la machine après ajustement pour les caractéristiques du patient. En revanche, les doses de rayonnement variaient considérablement d’un pays à l’autre, la dose efficace moyenne étant quatre fois plus grande pour les examens par scanner abdominal (7,0-25,7 mSv) et le pourcentage des examens à dose élevée étant de 17 fois supérieur ( 4-69%).

Faire évoluer les recommandations institutionnelles pour les uniformiser

On remarque ainsi que les plus fortes doses sont délivrées au Japon, en Israël et aux USA. Des variations similaires ont été observées d’un pays à l’autre pour le thorax (dose efficace moyenne de 1,7 à 6,4 mSv, proportion d’examens à fortes doses de 1 à 26%) et pour un scanner thoraco-abdominal (10,0 à 37,9 mSv de 2 à 78%). Les différences étaient moins significatives pour le crâne (1,4 à 1,9 mSv, 8 à 27%). Dans les modèles à variables multiples, la variation de dose entre les pays était principalement imputable aux recommandations institutionnelles relatives aux paramètres techniques.

Les protocoles de tomodensitométrie et les doses de rayonnement varient donc considérablement d'un pays à l'autre et sont principalement imputables aux choix locaux concernant les paramètres techniques, plutôt que les caractéristiques du patient, de l'établissement ou de la machine. Ces résultats suggèrent que l'optimisation des doses par rapport à un standard constant devrait être possible.

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